Asymétries positives et élan asiatique sur les marchés
Le mois de février 2026 dessine un paysage financier globalement favorable, mais caractérisé par une distribution des rendements nettement asymétrique entre classes d’actifs, zones géographiques et secteurs. Le facteur dominant réside dans la surperformance des actions asiatiques émergentes et des segments liés aux matières premières, qui impriment une direction claire aux marchés. À l’inverse, certains compartiments technologiques et fintech enregistrent des corrections significatives, tandis que l’obligataire affiche une stabilité modérée, avec un accent sur les durations longues et les obligations convertibles.
Dans l’ensemble, les marchés actions affichent des progressions moyennes comprises entre 4 % et 18 % dans les catégories de tête, soutenues par les marchés asiatiques, avec une contribution notable des matières premières, dont les métaux précieux dépassent en moyenne 10 %. Le revenu fixe présente des rendements plus contenus, entre 0,2 % et 3 %, confirmant une certaine robustesse mais également une sensibilité aux environnements de taux stables. Cette dynamique a produit des résultats favorables pour les portefeuilles diversifiés, avec des profils dynamiques autour de +4 à +8 %, modérés entre +2 et +4 % et prudents proches de +1 à +2 %, grâce notamment à l’apport stabilisateur des actifs réels.
Marchés actions largement positifs mais concentrés sur l’Asie et les valeurs cycliques
Les marchés actions présentent une prédominance de performances positives, avec plus de 84 % des catégories en hausse. Toutefois, l’analyse par zones géographiques et par secteurs révèle une forte concentration. Les meilleures performances proviennent nettement des marchés émergents asiatiques, avec la Thaïlande, la Corée et Taïwan en tête, suivis par les segments japonais mid et small caps ainsi que les grandes capitalisations value. L’Asie dans son ensemble surperforme l’Europe et les États-Unis, qui clôturent également en territoire positif mais avec une intensité moindre, reflétant des flux vers des économies en accélération cyclique et vers le segment du hardware technologique.
Sur le plan sectoriel, une nette préférence se dessine pour les actifs réels. Les métaux précieux et miniers, les matières premières chimiques et l’énergie se distinguent dans un contexte de reprise industrielle et de pressions inflationnistes contenues. À l’opposé, les fintech, la finance globale et l’IT européen enregistrent les reculs les plus marqués, signalant une rotation des segments de croissance innovants vers des valeurs cycliques de type value, probablement liée à des niveaux de valorisation élevés et à des anticipations de normalisation monétaire.
Revenu fixe avec accent sur la duration et les convertibles
Le segment obligataire présente une évolution hétérogène, les stratégies à duration longue ou les obligations convertibles prenant l’avantage, tandis que les emprunts d’État américains à court terme et les obligations corporate high yield demeurent plus fragiles. Les meilleures performances se concentrent sur le dollar australien, les convertibles en euro et en Asie-Pacifique, ainsi que sur les obligations souveraines américaines à maturité moyenne et longue, ce qui suggère un rôle déterminant des effets de change et une certaine flexibilité dans un environnement de rendements faibles.
À l’inverse, la couronne suédoise et les fonds monétaires en livre sterling affichent des rendements nuls ou négatifs, confirmant une pénalisation des échéances courtes et des segments les plus exposés au risque de taux. En l’absence d’un retournement marqué du cycle des taux, la flexibilité et les niches liées aux obligations convertibles devraient continuer à constituer des vecteurs essentiels de création de valeur.
Les fonds reflètent la rotation avec un leadership du mining et de l’Asie
Les classements des fonds reproduisent fidèlement les dynamiques observées entre classes d’actifs. Les premières positions sont occupées par des stratégies spécialisées dans l’extraction aurifère, avec des gains supérieurs à 20 %. S’y ajoutent des fonds actions focalisés sur les marchés émergents asiatiques, tandis que, dans l’univers obligataire, les obligations émergentes et les stratégies convertibles se distinguent également. La dispersion reste élevée, mais l’orientation vers les segments cycliques et l’Asie apparaît sans équivoque.
Les ETF amplifient les tendances
Dans le segment des ETF, les mêmes rotations apparaissent de manière amplifiée. La Corée, Taïwan et la Thaïlande dominent, aux côtés d’ETF spécialisés dans les producteurs d’argent et d’or. À l’opposé, le private equity et la Chine subissent des pénalisations marquées. Sur les matières premières, l’argent et l’huile de soja mènent la performance, tandis que les stratégies spéculatives présentent des positions extrêmes, avec des positions short sur le gaz naturel mais aussi des positions longues sur l’argent et l’or.


